preuve

Document unique de prévention des risques professionnels et faute inexcusable

L'employeur, quel que soit l'effectif de l'entreprise, a l'obligation d'assurer la santé et la sécurité de ses salariés, obligation matérialisée entre autres par le document unique d'évaluation des risques professionnels. Le défaut de présentation de ce document constitue une infraction pénale.

Dans une affaire,  une salariés victime de trois accidents de travail avait été déboutée par une cour d'appel aux motifs que l'employeur n'avait pas eu conscience du danger auquel était exposée la salariée pour les deux premiers accidents, et que pour ce qui concerne le troisième, ce dernier avait pris les mesures nécessaires pour l'en préserver;

Or la salariée avait soutenu devant les juges du fond que l'employeur n'avait pas établi de document unique d'évaluation des risques professionnels;

La Cour de Cassation estime que la Cour d'Appel, qui n'a pas répondu à ce moyen, a violé l'article 455 du Code de procédure civile et, sous ce visa, casse l'arrêt.

Cette décision, bien que non plubliée, est intéressante : elle laisse supposer que l'employeur qui ne produit pas le document unique d'évaluation des risques professionnels pourrait être présumé avoir commis une faute inexcusable.

En tout état de cause, la Cour affirme clairement que ce document reste essentiel en la cause pour tout recours portant sur la faute inexcusable de l'employeur.

Cassation Chambre Sociale, 11 février 2016, n pourvoi 15-10152

Source : Légifrance

 

les e-mails personnels sont protégés

Un employeur peut-il se servir des e-mails stockés dans la messagerie personnelle d'une salariée pour caractériser des fautes et les utiliser à titre de preuve ?

Non, répond la Cour de Cassation dans un arrêt du 26 janvier 2016 :

"Mais attendu qu'ayant constaté que les messages électroniques litigieux provenaient de la messagerie personnelle de la salariée distincte de la messagerie professionnelle dont celle-ci disposait pour les besoins de son activité, la cour d'appel en a exactement déduit que ces messages électroniques devaient être écartés des débats en ce que leur production en justice portait atteinte au secret des correspondances"

Source : Cour de Cassation Chambre sociale 26 janvier 2016  pourvoi 14-15360